Le jardinage responsable et écologique : commençons avec quelques principes de base

Pour jardiner de façon écologique, on peut appliquer des recettes simples : un meilleur choix des méthodes d’intervention, des produits utilisés, des outillages permet rapidement de se rapprocher d’un jardinage responsable et écologique. Voyons quelques exemples de ces nouvelles pratiques.

Potager bio éco responsable

Désherbage : sélectionner des produits naturels ou bio

Le but étant de parvenir à la réduction des produits phytosanitaires, désherbants chimiques inclus : on se tourne vers des solutions et des produits plus écologiques et moins polluants. Selon la taille et le type de surfaces on agira différemment :

Désherbeur thermique
  • Par sarclage pour les surfaces gravillonnées de taille petite ou moyenne
  • Par griffage du sol dans les plate-bandes et les carrés potagers (la terre doit être ressuyée mais pas trop sèche)
  • En pulvérisant des produits naturels, tel que le vinaigre blanc faiblement dilué pulvérisé sur les adventices, par temps ensoleillé : pour des surfaces gravillonnées de plus grande taille.
  • Par pulvérisation de désherbant biologique (à base d’acide pélargonique par exemple) pour le désherbage des zones de circulation. Le seul inconvénient dans ce cas est leur prix un peu élevé.
  • Par brulage thermique ( à gaz ou électrique) sur les allées de circulation ou zones gravillonnées de taille petites ou moyennes.

En règle générale je ne conseille pas la pose de géotextiles sous gravier ou paillis : ces type de matériaux vieillissent mal, et disséminent du plastique au fil des années.

Entretenir le gazon : des nouvelles pratiques

Pour les gazons dont on voudrait éliminer les adventices, il n’existe pas encore de désherbant sélectif biologique. Un jardinage responsable oblige à utiliser une ressource inépuisable : l’huile de coude…

  • Désherber manuellement si les adventices ne sont pas trop nombreuses ;
  • Modifier ses pratiques d’entretien : tondre moins court permet d’éviter une trop grande concurrence des aventices à larges feuilles.
  • Laisser des zones non entretenues permet de favoriser la mise à fleurs des plantes mellifères et donc la biodiversité.
  • Changer de regard et considérer qu’une pelouse avec des « mauvaises herbes » est un espace où annuelles, bisanuelles et vivaces peuvent se développer ; combien de plantes comestibles parmi ces mauvaises herbes?

un dessouchage qui peut parfois être écologique

Dessoucher est plus difficile lorsqu’on veut employer des méthodes douces pour un jardinage responsable ; les produits devitaliseurs de souche sont souvent difficiles à remplacer. Le rognage mécanique de la souche par un paysagiste est possible mais parfois coûteux ; intéressant pour plusieurs souches à la fois.

Pour certains végétaux, on peut essayer d’autres méthodes :

  • Introduire des gousses d’ail dans des trous préalablement creusés lors de la descente de sève en automne (recette de grand mère pour les sureaux).
  • Utiliser du gros sel versé en quantité sur la souche, mais attention au sol qui va être durablement stérilisé…
  • Couvrir durablement la souche au moyen d’une bâche pour la priver de lumière.

Une meilleure gestion de la matière organique

Logo recyclage

L’objectif d’un jardinage écologique est d’améliorer le sol : on utilise le compostage, l’épandage de fumiers mûrs, les amendements divers pour travailler à la fois sur la strucure du sol et la richesse en matière organiques, minéraux et micro-éléments.

Installer des paillis organiques ou minéraux autour des cultures permet de freiner l’érosion du sol. Une terre constamment mise à nue s’appauvrit au fil des années, alors que le sol de forêt, toujours couvert, est le plus riche en micro-organismes.

Paillage d'un potager

Pour pailler simplement les plantes d’ornement ou potagères, on peut utiliser un mélange de résidus de tontes et feuilles mortes, ou fabriquer soi même son broyat à partir de déchets de tailles.

Il existe également le compostage de surface au potager, qui libère directement les substances nutritives là où elles seront utilisées ; on peut aussi enfouir les matières dans les premiers cm du sol.

Utiliser des machines moins polluantes

L’utilisation de machines moins polluantes est un choix de jardinage responsable. Si faire les travaux avec des outils à main semble la solution écologique par excellence, il est parfois difficile de le faire systématiquement. S’équiper en machines  à moteur électrique ou à batterie est alors une solution viable et plus favorable à l’environnement.

Si la puissance de tels équipements est insuffisante, de nouveaux appareils à moteur 4 temps sont apparus, comme les nouvelles générations de débroussailleuses ou de taille haie. A défaut, lorsque les moteurs 2 temps sont incontournables, on peut choisir une huile biologique et biodégradable.

Améliorer autonomie et bio-diversité au jardin

Pour le choix des végétaux à implanter dans un jardin éco-responsable, on choisira des espèces ou des variétés adaptées au climat et à ses changements récents. Il pourra s’agir de végétaux peu gourmands en eau, adaptés à des conditions sévères en été (dans le grand Est par exemple). En terme de bilan carbone comme en terme de qualité des cultures, il est toujours meilleur de choisir des plantes produites à proximité de chez vous (pépinières) .

L’autonomie en eau est un sujet incontournable au jardin. Favoriser le stockage d’eau de pluie (mise en place de récupérateurs en sortie de chéneaux) permet de maintenir des arrosages en temps de canicule. Favoriser les systèmes de micro-arrosage (goutte à gouttes) et conserver absolument les zones humides s’il y en a. Artificiels ou non, les points d’eau participent grandement au maintien de la biodiversité, indispensable au bon équilibre de votre écosystème.

Entretien adapté aux besoins des végétaux

Il s’agit d’obtenir un meilleur entretien des végétaux en privilégiant des tailles douces, des amendements organiques en quantité maîtrisée, un travail du sol en surface pour éviter la dégradation des sols.

Coccinelle sur une feuille en train de manger des pucerons

En ce qui concerne les pathologies des plantes, il est conseiller de favoriser l’utilisation mesurée de traitements bios et d’insectes auxiliaires en cas de maladies ou d’attaques parasitaires. Il s’agit aussi de ne pas multiplier les fertilisations, qui finissent paradoxalement par affaiblir les végétaux.